Chers Om’s,
J’ai été membre du Conseil
d’administration de l’URC de 1995 à 2010 dont j’ai assuré tan bien que mal, la présidence pendant
six ans puis comme secrétaire et enfin comme trésorier, je pense qu’il est temps pour moi de passer la main.
Je le fais d’autant plus
sereinement que je sais l’association entre de bonnes mains et je souhaite bon
courage à mes successeurs.
Avant de cesser mes fonctions, je voudrais
faire un bilan de ce qui a été un des
temps forts de l’URC.
Nous avons connu des moments
difficiles parce beaucoup d’OM n’avaient pas compris, à l’époque, le danger de voir nos services entièrement
placés sous la tutelle de l’ART. Le REF-Union s’étant félicité de ces nouvelles
dispositions légales, nous n’avions pas
d’autre choix que de saisir le
Conseil d’Etat par pour espérer retrouver une tutelle ministérielle au lieu de
l’ART!
Nous avions parfaitement
conscience des désagréments que subiraient les candidats aux examens puisque
pendant toute la période des saisines, les passages d’examens avaient été
suspendus.
Mais il est parfois nécessaire
d’être impopulaire quand on sait que c’est un moindre mal.
Il valait mieux connaître cette
période difficile plutôt que de voir notre statut fragilisé sous la tutelle de
l’ART devenue l’ARCEP qui, il faut le rappeler, est avant tout une autorité administrative indépendante dont
l’objet principal est l’optimisation de la gestion des fréquences avec ce que
cela signifie en terme de lobby de la
part des opérateurs commerciaux.
Une partie de l’objectif à été atteint puisque un des arrêts du Conseil
d’Etat a contraint l’Assemblée nationale
à modifier la loi pour que soit rendue au ministre de l’industrie une
partie des prérogatives (organisation
des examens, attribution et retrait des indicatifs et sanctions) qui lui avait confisquées au profit de l’ART.
La suite appartient au futur.
L’idéal serait que nos services
retrouvent une tutelle entièrement ministérielle. En quittant la tutelle de
l’ARCEP nos services connaitraient deux intérêts. Le premier permettrait à nos
fréquences d’échapper aux lois du marché, le second avantage résiderait en une
simplification administrative qui ramènerait à un seul arrêté ministériel ce qui qui
aujourd’hui nécessite une décision de l’ARCEP et un arrêté ministériel.
Pour terminer, je forme le vœu
que les associations soient enfin capables de penser à l’intérêt général plutôt
que de se livrer à des luttes
d’influences stériles voire destructrices.
Il est temps qu’elles organisent
ensemble « les assises du
radioamateurisme » et qu’elles rencontrent ensemble les
« politques » afin d’élaborer
de concert une politique efficace de
promotion et de développement de
notre hobby dont le nombre de pratiquants et très en deçà de qu’il devrait être
au regard de nos voisins immédiats.
En Europe, la France avec 254
radioamateurs par million d’habitants, se situe au vingt-quatrième rang ce qui
la situe derrière la Roumanie
et juste devant Chypre (source DARC 2007)!!!
Si nous voulons que notre pays
occupe le rang qui devrait être le sien c’est à dire entre 900 et 1000
radioamateurs par million d’habitants ce qui représenterait entre
56000 et 60000 radioamateurs
et nous situerait entre l’Allemagne et
la Grande-Bretagne,
les soutiens financiers, logistiques et infrastructurels du Gouvernement, des
Conseils Régionaux et Généraux, sont
indispensables!
Bien que quittant le monde
associatif, je reste à la disposition de notre communauté et vous assure de mon attachement à notre
radioamateurisme.
Bien à vous
Martial Lebovits
F5LLH
EN 2005, Avec le soutien du REF-Union pour l'ART contre moi!
F5LLH CONDAMNE POUR AVOIR DEMANDE LE
RETABLISSEMENT DES LICENCES.
Faute d’être entendu par l’administration à qui il demandait le rétablissement
des licences conformément au Règlement des Radiocommunications Martial Lebovits
F5LLH s’est vu contraint de saisir le Conseil d’Etat pour demander l’annulation
de l’arrêté du 19 janvier 2001 du
secrétaire d’Etat à l’industrie
homologuant la décision ART 200-1364 du 22 décembre 2000 fixant les conditions
d’utilisation des stations d’amateur sans licence.
Voici
donc succinctement exposés les conséquences de cette saisine.
La décision du Conseil d'Etat a
condamné F5LLH Martial Lebovits à verser la somme de 300 € à l’ART.
Précisément, Le Conseil d’Etat décide :
Article 1er : L’intervention du Réseau des émetteurs français-Union française
des radio-amateurs ( REF-Union) est admise
Article 2 : La requête de M.LEBOVITS est rejetée
Article 3 : M.LEBOVITS versera à l’Autorité de régulation des
télécommunications une somme de 300 euros en application de l’article L761-1 du
code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M.LEBOVITS, à l’Autorité de
régulation des télécommunications, au Réseau des émetteurs français-Union
française des radioamateurs au ministre d’Etat, ministre de l’économie des
finances et de l’industrie au REF-Union .
L’intégralité de la décision peut être consultée au greffe du Conseil d’Etat.
Voici un des « Considérant » de la décision du Conseil d’Etat qui ont fait
condamner Martial Lebovits F5LLH :
« ….Considérant que si aux termes du 1) du premier paragraphe de
l’article S18 du règlement sur les radiocommunications, annexé à la convention
internationale des télécommunications, «/ aucune station ne peut être
établie ou exploitée par un particulier ou par une entreprise quelconque sans
une licence délivrée sous une forme appropriée et en conformité avec les
dispositions du présent règlement, par le gouvernement ou au nom du
gouvernement du pays dont relève la station en question /», ni ces
stipulations, ni les autres stipulations du même règlement n’imposent au
gouvernement de soumettre à un régime d’autorisation l’établissement d’un
station de radio-amateur.
(fin de citation)
Un simple rappel des textes en vigueur permettra à chacun de comprendre.
Le Règlement des Radiocommunications
section III Services radioélectriques article 1-3 donne une définition
de ce qu'est un service de radiocommunication:
Service défini dans la présente section
impliquant la transmission, l'émission ou la réception d'ondes radioélectriques
à des fins spécifiques de télécommunications/.
Les services d'amateur comme les autres services de radiocommunication est
définis à l'article 1 toujours à cette même section III
/Service d'amateur: Service de radiocommunication ayant pour objet
l'instruction individuelle, l'intercommunication et les études techniques
effectuées par des amateurs, c'est à dire des personnes autorisées s'intéressant à la technique de la
radioélectricité à titre uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire./
L'obligation de licence réaffirmée à l'article 25
Les
administrations décident si une personne désirant obtenir une licence du
service d'amateur doit ou non démontrer son aptitude à transmettre ou recevoir
des signaux en code Morse.
Rappelons que dans son considérant, le
juge affirme que : « ni ces stipulations, ni les autres stipulations du même
règlement n’imposent au gouvernement de soumettre à un régime d’autorisation
l’établissement d’un station de radio-amateur ».
Malgré
le articles du R R affirmant à plusieurs reprises l'oblgation
pour les opérateurs des services de radiocommunications de
détenir une licence j'ai été condamné.
NB : en italique les extraits du
RR.
Je
viens de retrouver cet article que j'avais rédigé en 2004 pour OCI. Je vous
souhaite une bonne lecture !
73
QRO
Martial
RISQUES MAJEURS POUR LES SERVICES D’AMATEUR
Par Martial Lebovits F5LLH
En application de La loi de réglementation des
télécommunications – LRT du 26 juillet 1996, les services d’amateur sont sous
la tutelle de l’Autorité de Régulation des télécommunications.
Chacun sait le refus qu’a opposé l’administration à la
demande de la CFRR, de l’URC et de radioamateurs de ne pas mettre les services
d’amateur sous tutelle d’une administration indépendante mais sous celle d’une
administration et d’un affectataire ministériels comme l’exige le RR. Mais
d’aucuns se demandent ce qui justifie cette demande. Effectivement, vu de loin
on pourrait croire à un caprice de diva ou d’esprits fervents de l’immobilisme
mais si l’on analyse la situation et les conséquences à moyen terme voire
maintenant à court terme, il faut en convenir cette demande de tutelle de
l’Etat est fondée sur la légitimité et sur la légalité
Sur la
légitimité
Laisser l’ART comme affectataire « amateur » c’est
clairement abandonner toutes les bandes sur lesquelles les amateurs ont un
statut secondaire aux opérateurs commerciaux puisque l’ART se pose comme
régulateur du marché et gestionnaire des fréquences dont elle est affectataire
avec comme mission notamment de favoriser leur rentabilité. Dans l’ « exposé des motifs » du Gouvernement
introduisant le projet de loi sur les communications électroniques, c’est
clairement explicité et cela va plus loin puisque les grands opérateurs pourront même faire de la
sous location je cite :.
« Par ailleurs, le projet de loi ouvre la possibilité
d'autoriser des marchés secondaires pour certaines des fréquences ou bandes de
fréquences affectées à l'ART (article L. 42-3). Ces marchés secondaires
permettront aux entreprises qui le souhaitent d'acquérir des « droits d'usages
» sur le spectre auprès d'autres entreprises dans l'objectif d'une plus grande efficacité
économique globale »
Je cite encore le projet :
« Dans le cas où la rareté des fréquences impose de
limiter le nombre de titulaires d'autorisations d'utilisation des fréquences,
les conditions d'attribution, de modification et le renouvellement des
autorisations seront fixées par le ministre chargé des communications
électroniques sur proposition de l'Autorité de régulation des télécommunications
(article L. 42-2). »
Il est facile d’imaginer que l’ART va s’empresser de
louer à des opérateurs commerciaux donc rentables les bandes sur lesquelles les
services d’amateur ont un statut secondaire avec comme conséquence non pas
l’interdiction car l’ART n’a pas le pouvoir juridique d’interdire l’accès à une
bande mais plus perfidement l’impossibilité pour les amateurs d’utiliser ces
bandes pour cause de brouillage. Pour vous donner une idée des préjudices je
vous propose de voir la liste des bandes concernées.
Bandes En MHz
10,100 à 10,150
430,000 à 434,000
1 240,000 à 1 260,000
1260,000 à 1 300,000
2300,000 à 2 310,000
2 310,000 à 2 450,000
5 650,000 à 5 725,000
5 725,000 à 5 850,000
10 000,000 à 10 450,000
24 050,000 à 24 250,000
76 000,000 à 81 000,000
119 980,000 à 120 020,000
144 000,000 à 149 000,000
241 000,000 à 248 000,000
N’est-il pas légitime de se défendre et de défendre
les services d’amateur pour que les radioamateurs soient mieux protégés contre
les lobbies commerciaux qui vont s’empresser de demander et d’obtenir des
bandes à l’ART?
Sur la légalité
Que dit l’article 55 de notre Constitution ?
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou
approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois,
sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre
partie.
Cet article indique que lorsque qu’un traité est
ratifié, il a une valeur supérieure aux lois internes
En ce qui nous concerne, cela signifie qu’aucune loi
ne doit être votée qui serait en contradiction avec le Règlement des
Radiocommunications(1) annexé à la Convention internationale des Télécommunication
ratifiée par la loi 62-633 du 5 juin 1962! Que dit le Règlement des
Radiocommunications –RR, la bible en matière de radiocommunication ?
Les articles 1.56 et 1.57 définissent ainsi les
services d’amateur et d’amateur par satellite comme suit :
" Service de radiocommunication ayant pour objet
l'instruction individuelle, l'intercommunication et les études techniques,
effectué par des amateurs, c'est-à-dire par des personnes dûment autorisées,
s'intéressant à la technique de la radioélectricité à titre uniquement
personnel et sans intérêt pécuniaire "
Les services d’amateur on le voit sont bien identifiés
et bénéficient d’une définition au même titre que n’importe quel autre service
défini par le RR. Ce n’est pas un sous-service ni un simple loisir comme
l’administration française le laisse croire et l’article 25 le montre bien «
Les administrations sont invitées à prendre les mesures nécessaires pour
autoriser les stations d'amateur à se préparer en vue de répondre aux besoins
de communication pour les opérations de secours en cas de catastrophe.(CMR-03)
En matière de licence lisons l’article 18
Aucune station d'émission ne peut être établie ou
exploitée par un particulier, ou une entreprise quelconque, sans une licence
délivrée sous une forme appropriée et en conformité avec les dispositions du
présent règlement par le gouvernement du pays dont relève la station.
Le gouvernement qui délivre une licence à une station
mobile ou à une station terrienne mobile y mentionne de façon précise l'état
signalétique de la station, y compris son nom,
son indicatif d'appel et, s'il y a lieu, la catégorie
dans laquelle elle est classée du point de vue de la correspondance publique,
ainsi que les caractéristiques générales de l'installation.
Cet article 18 indique bien d’une part qu’aucune
station d'émission ne peut être établie ou exploitée par un particulier, ou une
entreprise quelconque, sans une licence. Et précise par deux fois la nature de
la tutelle habilité à délivrer une licence
« …une licence délivrée sous une forme appropriée et
en conformité avec les dispositions du présent règlement par le gouvernement »
et, réitère au second paragraphe, Le gouvernement qui délivre une licence A l’article 25 il est indiqué Tous les
articles et dispositions de la Constitution, de la Convention et de ces
Règlements s'appliquent au service amateur, dans la mesure de leur pertinence.
Cela signifie que l’article 18 (obligation de licence)
s’applique aussi aux services d’amateur
et contrairement à ce que l’on veut nous faire croire,
la délivrance d’une licence est obligatoire même aux opérateurs des services
d’amateur.
Après avoir pris connaissance de cette analyse,
j’espère que vous serez nombreux à comprendre pourquoi devant toutes les fautes
de droit de l’administration, forte du soutien d’une association et malgré les
explications et les preuves apportées, il n’y avait plus d’autres solutions
pour tenter de protéger les radioamateurs que de saisir le Conseil d’Etat.
Extrait de la lettre d’informations Hebdomadaires du
site www. telecom.gouv.fr
http://www.telecom.gouv.fr/index.htm
LA CONFERENCE EUROPEENNE DES ADMINISTRATIONS DES
POSTES ET DES
TELECOMMUNICATIONS (CEPT) Evolution de la CEPT
Depuis le milieu des années 1990, la CEPT s’est trouvé
confrontée aux conséquences de la libéralisation du secteur des
télécommunications et de l’harmonisation de la réglementation sous l’impulsion
de l’Union européenne, ainsi qu’au phénomène de convergence des communications.
Une des conséquences de la libéralisation a été la
scission des administrations en charge des télécommunications entre un ou
plusieurs services du gouvernement et un régulateur indépendant
Fin de l’extrait.
Depuis la création de l’ART (régulateur indépendant) ,
la CFRR, l’URC et d’autres radioamateurs demandent une tutelle gouvernementale
conformément au Règlement des Radiocommunications qui a force de loi en France
et c’est le gouvernement lui même qui dans sa lettre d’information apporte la
preuve du bien fondé de cette requête. C’est aussi la preuve de
l’irresponsabilité du REF qui, souvenez-vous en, défend bec et ongle la tutelle
ART ! C’est ce refus gouvernemental soutenu par le REF qui a conduit à saisir
le Conseil d’Etat. Malgré toutes les preuves apportées et les risques encourus
par les services d’amateur, aucune modification ne fut acceptée . Tous les
désagréments que subissent les radioamateurs ne sont que la conséquence du
refus d’appliquer le Règlement des Radiocommunications pourtant ratifié par la
France !
(1)Note
Le Règlement des Radiocommunications a été annexé à la convention internationale des télécommunications
le le 25 octobre 1973 et publié comme ladite convention au Journal Officiel du 21 mai 1977.
Le décret signé le 11 mai 1977 porte le N° 77-519.